samedi, octobre 13, 2007

trans hummer




L'écrire est comme un souffle que l'homme expulse pour respirer, sortir de son isolement et retrouver soi, la parole, dans ce sens salvatrice, explore le vide du sens et habite, comme un écho, incertain mais vital pour aller de soi à soi et en cheminant, arrimer l'autre, mais comme un autre soi ou comme un autre de soi à soi en chemin , en halte de parcours en rebond capté, réverbèré, refletté, renvoyé comme d'une paume, flanc de cette main qui rencontre et projette en retour,
Le bond de force que le corps imprime,
J'y vois comme ce jeu de pelote au front du fronton, ce miroir en dur des pentes des vallées, ces pierres entassées en art où le soi à soi résonne en construction savante, solide, reconnues et reconnaissantes; le soi se joue en parole au mur du lien, serait ce cela que l'on met en jeu de ses muscles bandés, à la limite de la douleur, du défi.
Mais ce jeu de reconnaissance comme un écho de montagnes en montagne, de troupeaux en troupeau , comme un jeu des pistes ouvertes au flan des estives, au vertige transhumant, dessin comme un profil ou voir accepte de renvoyer.
Qui de la balle ou des blocs de pierres imprime le mouvement, est ce cette urgence à dire, bam vlam ,
Ce jeu comme un équilibre de paix qui m'en rappelle un autre , celui de mes pas rivés aux points de lumière qui tissent une toile, relient les fils des étoiles aux crocs de la terre, en chemin, à parcourir dans le noir , si sûr que jamais lueur du jour , claire cet Orion et congénères me parlent cette langue immuable que je ressasse aux accroches de mes pieds;
Fixation des neurones en écarts d'étoiles.
Ce libre écart comme un vent ramène au rivage, cette grande ourse en ligne inflexible des pas aux acccroches du monde rythme le sentier. ce libre rebond qu'impulse la paume ou le cannelage en réponse à l'entretas de pierres carrées, mégalythiques, comme les rochers, bornes des chemins, ce vouloir-balle comme une parole au rebond de soi;
Le filin deviendrait ligottement de l'être et ne servirait plus qu'à errer l'allant du sentier dans un maillage, filet en piège à ours.

samedi, avril 28, 2007

mustapha dimé

aux rives des choses de longues tringles filandreuses entortillées de grille, des perches ajourées de fers pointés cloutés, marchent et se mèlent aux vivants ceux-la occupés à transvaser l'eau dans les bassines en toc, la grande invasion plastique et nylon en nuée blanche chipe et recouvre les jambes, ils marchent le long des rues poudre ocrée de cette île embarcadère d'où le sanglot ne revient des meurtrières de l'exil que déposés par le vent le hasard le ressac riverain, voisinage triste la pauvreté est s'acclimate, les sacs renvoient les fumées à la fureur solaire.

La mer apporte autre chose, des bouts de bois blanchis , tortueux et tordus , les membres des par dessus bord qui reviennent en fantôme , des piles entortillées qui dératent des cargos de rouille bleue sale, des fers tordus ou tôles rongées rouge-morsures qui éventrent, des gouvernails décolorés ,des écailles de bois peint , des creux des gonds des visses, des galets et des filets dans les dérives de mazout et d'huile à flot , des et des et des , et la grève qui agrippe au ressac sans trime ni saison,
la roche qui retient par les entailles des bouts de laine, des tissus de trous, des fils tissés, des goudrons, des coques de noix, des toiles et des cordettes et se mèle le rouge du vert au jaune l'or à chair entrecoupée, dépouille de lien et entrave, cuir qui brave l'air des pendouilles breloques de coques striées les calebasses nouées à hauteur des reins
entrailles de barbelés rayés de rouille piqués de cheveux rèches au creux arride du rond en surplomb les corps de branche abandonnés par la plage rongés d'eau et boursoufflés d'écorce laissés la peau blanche calcinée par le feu
le temps l'égarement battu contre les pierres trainent au rivage.
un beau tronc équarré à coup de hache deux bras de jambe torse rythmé de coups à corps sanglé et un clou de rouille fiché en plein cou
sanglote cette proue le rouge écoulé aux deux percés saignent les cordages le long du bois de rail
entortillé des bouts de cordes les longues cornes commentent une mémoire tchiware tendu en arc de cercle d'antilope

D'avant ,d'avant que le regard ne perce la barrière indigo face au bleu et dos à l'ocre d'où les vagues à l'envers versent les restes que l'ile en phare permet .

Le dos à la terre la mère, le corps noué sous une toile attachée aux pierres d'une batisse grise, vestige et maintenant refuge l'homme et le fort regarde la barrière d'eau , la voile bleu , la toile qui bouge au vent ou halo de lumière en flot, les yeux voient au loin , quoi , le dos au rivage mère les yeux arpente ce désert des vies qui pourtant rejette ces disloqués, ces voisinages d'aventures , ces embruns d'ailleurs,
le ressac ramène , il arrive , la rive avare, jeu de dupe où l'homme trouve ce que l'autre perd c'est la force du vent, le transbordage des vagues, jette ce qui dérive du loin des autres rives mères, couramment transportés et rejeté par la houle caprice et reine donne aux rocs , aux sables et aux buissons d'épines qui gardent. (en construction et à suivre)

seydou borro


seydou boro, le grand vivant



G geste oracle extra-oridinaire Théatre artiste dansant chantant parlant sa vie d'homme ses ailleurs ses pleurs ses colères ses paysages son eau sa rivière ses poissons
de sa vague
homme-rivière
homme-ciel
homme-soleil
qui rit qui saute qui a faim qui fait les yeux rond à sa petite fille qui les yeux sérieux lui demande :papa ...., lui se questionne se raconte va d'un bout à l'autre son corps dans l'espace le traverse dans une fulgurance , déverse son t-shirt se perd dans sa nudité échappe à son t shirt se voit en miroir bouillone de toute la vie vue se roule déroule
le corps ses muscles en lui luisants si vivant se rythment gazelle rebondissent élastique si naturel en homme
l'homme moi toi lui moi ,
et mon corps si pauvre qui est là qui boit au projecteur de l'homme qui parle,
son art qu'il a forgé de toute sa vie qui transpire qui coule comme une source tant pis si ce soir elle est de plastique ,
résurgence par le rouge des yeux
immense fleuve
vievue
qui bouge
viue
provoque
vie
prend l'afrique à bout de corps danse roulade eau arabesque s'envole de l'oiseau et nous laisse si plat à ras de terre non linoléum chaise mal o cul à plat à plat
où alors s'envoler avec lui prendre une de ses plumes qui lui poussent sur la peau qui frisottent vibre de l'air si libre nous si ras de terre qui
oui j'ai un corps si lourd qui veut voler
voler
mon corps se transforme à le voir si homme si lion si tout
c'est la forge l'artiste
des jours des nuits des mois des corps des temps des tristesses des désespoirs
le travail
alors les doutes fuient en hyènes
je m'épprouve marchant riant papa étincellant de rouge des pieds tapent le sol à taque à taque mes yeux ma faim ma soif gazelle je court je court

ce corps cet espace les deux rivent ensembles l'espace du dedans l'espace du dehors les muscles colorent la peau si fine infimes si puissant
couleur noir

mais je reprends ....

au début tout près de nous assis sur une chaise de dos un homme

noir

grand courbé un homme parle à sa guitare,il chante une mélopée peut être mandingue, comme dans la chaleur sourde d'un ennui qui coule, une désespérance douce,
la voix, noire si belle cristalline comme le fleuve qu'il regarde , oui le fleuve le 'eau qui court fluide , s'échappe en espace vide , là devant moi dans la transparence noire de la scène de la lumière carrée anguleuse qui s'étend à perte de vue se fond dans les briques les tôles peut être de mon quartier, du sous-sol, sol d'ailleurs ,

c'est à dire.... dire dire , c'est,

c'est à dire il nous attendant , il chantait , il se grattait il se gratte ,

il bondit panthère et fait le geste de l'eau , moi j'y vois le fleuve mais c'est l'air , c'est la plante qui serpente , c'est le serpent qui ondule c'est lui l'homme qui plonge dans son corps y ramène ce sang ce mouvement qui pour moi est eau , ondule , la plante des pieds qui dansent glissent l'homme là

il revient il chante la mélopée se poursuit il se gratte, il ondule il gratte il ondule il se gratte il chante , il parcourt les quatre coins ,

il nous dit merci ,

quoi , merci , ... il dit ... je suis venu pour la chose et puis la danse se met en mouvement le corps se met à vivre à parler , la parole à couler , et ... il s'arrête il dit il parle il sourit ironique de toute ses dents de tout son dos l'histoire de ce corps que je sens si plein plein de rebondissements d'histoire bonds non d'aller de retours hésitations rompues vivacité , non de travail , non de joie , oui d'amour , de vie de geste du quotidien de, d'impatience de mouvement d'humeur , mais mais il dit mais ce corps est nu , en afrique le corps est nu , ah oui en afrique , non non on ne me l'a fait pas non ce n'est pas ça y a une tête la dedans rasée on en voit le squelette non mais ça bouge c'est vivant c'est muscle c'est rouge des yeux c'est pieds qui glissent au lieu de marcher c'est , mais c'est nu nu , nu c'est l'art , l'art , c'est travail travail forge de ce corps qui, c'est l'art , c'est le chemin cailloux le long de la rivière où C'est l'art je le sais bien c'est nu parce que c'est l'art , parce que c'est pas la petite fille non c'est la jambe qui vole à hauteur de petite fille c'est l'art , c'est les yeux qui voient qui deviennent torsade colère corde afrique , homme enfer homme amour rire ! terre vie

comment te dire comment te dire cette danse dans cet homme ce corps cette parole ce tu ce regard qui transperce qui te parle qui est moi qui est toi peut être je te croiserai demain peut être je serai panthère peut être je serai art ,

oui c'est une question qui se rue en corps qui est vivant,
non ne pas mourir
voir, danser , danser rallumer les lumières lumières ! vivre danser danser ah ah le corps se déploie dit que la mort non ,
non
la mort
oui je sais
la mort
si oui je sais
non, pas ça pas la mort d'un enfant non ,
vivre danser chanter le mouvement inarrêté
dire bouger onduler toujours plus
parce que la mort non

noir

et moi d'applaudir d'applaudir à rompre quoi le noir , l'autre pas à pas pas les yeux rouge le corps si vivant non le noir
plus rien rien

hummm me remplir les poumons air des mouvements toute la danse comment la qualifier désespérement vive car oui tous ses mouvements cette eau cette corde ces briques , quoi quoi tout ça tout ce que j'ai vu dans ce sous-sol ça , j'inspire , je respire vivant de tout ça ,

une perf
perfusion
performance
oui
non
perfusion
fusion
c'est ça vivre c'est art , travail rencontre sortir voir jailllir la parole vite vite libre essentielle surprenante , il te parle te parle non c'est art il te parle oui il te parle c'est art le corps en majuscule le corps même si multiple mais là si fort qu'il est là là là comment ignorer ce corps dans la danse qui te donne tout

voila pourquoi,

ntozake shange



c'est à un jeu sur les mots , les langues , les sons , tels qu'ils vivent dans le corps de celui qui est traversé de ses multiples influences , qui est en voyage dans tous les tenants et aboutissants de sa vie , de ses frères , de l'humanité , de ces relations qu'inspirent les mots d'ailleurs si proches de son coeur , intime au plus profond de cette généalogie cachée , qui nous fait tourner en boucle et découvrir ce qu'il y a en nous de vibrant dans tous ce qui nous traverse , dans toutes les pluies et les soleils du monde , ( car se découvrir c'est aussi découvrir le monde , se tisser de rencontres , faire l'expérience du divers , être là à l'orée de l'autre et ... , n'est ce pas m. Glissant -tout-monde)

mais Ntozake Shange , chantre de la fierté d'être noire , au féminin , aussi , qui me ramène à une de mes autres auteure-amour , noire elle aussi , Zora Neale Hurston , s'inscrit dans une réelle généalogie , diasporée , qui la ramène dans un effort de revenir à sa source à un nom zulu : Ntozake : 'celle qui arrive avec ce qu'elle a' ( en elle, ce qui lui appartient .....) Shange : 'celle qui marche avec les lions ', à ces deux noms elle commente ntozake : je suis préparée , je me suffit à moi même , indépendante , shange : j'ai un grand courage , force , sagesse ,

elle rappelle cette grande fierté des ancètres , rois , guerriers , nobles , connaisseurs qu'étaient ceux avant d'être esclaves , elle traque les sources , décrit la vie de la diaspora noire partout où elle se trouve ( usa antilles amérique latine afrique ) , sans misérabilisme , sans utopie ni délire , elle affirme 'haut et fort' ce qu' être noir veut dire dans les recoins de l'être , dans la réalité du jour , dans l'imaginaire , dans l'ailleurs de cet autrement , c'est donc une réflexion sur l'identité et c'est l'affirmation que la poésie est peut être ce lieu là qui rend possible cette crysalide-tissage de l'être , ce en quoi elle me rappelle aussi cette autre grande dame , Abbey Lincoln , chanteuse , poéte , peintre , vivante , chercheuse , dont le chant l'acte artistique rejoint l'être au plus profond de soi ( voire ma note sur ma peinture oû il est question de chant profond , de 'cante jondo' ,

Ntozake Shange , universitaire en lettres anglaise et études noire , s'est trouvée sur la scène californienne des années 70's dans un groupe de danseur qui cherchaient les racines de l'afrique dans une dance afro-américaine , c'est en dansant , en faisant l'expérience de son corps par la danse que lui sont venus les mots , qu'elle a commencé à scander une parole qui lui venait de son corps ,

processus passionnant de recherche identitaire personelle , la découverte et reconnaissance du corps dansant , prélude à un surgissement de la parole qui devient poésie et qu'elle va traquer dans ses moindres recoins , dans le monde tel qu'il est , tel qu'elle le voit , et tel qu'elle le sent à l'intérieur d'elle , une quète d'affirmation poétique , au sens le plus fort , le plus vital du mot ( voire son intro de "for colored girls who...)



j'aime ce poème que reprend en improvisation la grande chanteuse jeanne lee ,

je l'aime parce qu'il se moque des frontières des mots , du sens enclos de la langue , il se soumet au plaisir d'exister dans un plaisir sensuel et réel des sons , des mots , mots-gestes , mots-paysages , mots-être qui touchent dans ce qui relie au plus profond de soi les parties qui nous constituent , qui nous touchent et sont une farandole de la joie d'exister ,

ajouter à cela la profondeur à fleur de peau de la voix aventureuse , ancrée et en avant d'elle même de J . Lee , le sens de la musique elle aussi libre et qui pour elle aussi est danse et on tourbillone alors dans une pure joie d'exister dans un mouvement insondable mais essentiel . comme une ode à la femme , à toutes les femmes , à toutes les façon d'être femme , à la mère etc... mais c'est à l'humanité entière , à la virilité que convie la femme au monde entier dans son principe , car un principe en appelle l' autre et tant pis pour ceux qui ne le comprennent pas , de quelque bord soient , qui continue l'ignorance , la violence et le cloisonement de la vie

le titre est ambrosia mama , il est bien sur hors de question de traduire ces mots qui existent dans leur langue , dans leur musique inaliénable , qui sont comme un voyage ou les paysages sont stèles chinoise , mangrove , boccages , savannes , baobab , pain de sucre , rivières en saules pleureurs , vous voudriez les traduire , mais ils sont intraduisibles , sauf à vous les approprier , à leur faire violence ou à vous abstraire d'eux , les intérioriser , en faire votre chose , Ségalen nous dirait que notre simple présence transforme le paysage , mais la vie est mouvement et imprégnation , relation , vous en ressortez plus riche d'avoir rencontré traversé regardé entendu , en partage ( loin d'une colonisation de l'esprit)

alors écoutez : ( ce que je ne peux vous faire écoutez car le morceau est trop long et c'est bien domage ...)

ambrosia mama lilac lalique mami honeysuckle nana heather m'dere
jardin madrina bougainvilea mami
mariposa mai magnolia
nani nani
lili lily lili lele loose tigre lele
agua lillie colline lili
corcovado fille

to-ca-me to-ca-me
to-ca-me to-ca-me
to-ca-me

minha mere minha mai
mama ouverte my mami

minha mere minha mai
mama ouverte mi tierra
alma sin sangrema la lila
muito lily
et toda lille
et toute la terre minha mai
ma vie lillie
ne quitte pas ici
lili lillie ne quitte pas ici
si lilliane oui sim ma vie
minha mai lillie

liliane liliane liliane
liliane liliane liliane

( ntozake shange , poète noire américaine )

jorge guillen

"La poésie nait sur la mémoire…
je suis fasciné de voir à quel point je retrouve en Jorge Guillen mes propres interrogations , mes tentatives de réponse , ma pensée profonde et jusqu'a mes propres mots ,

j'avais lu Guillen en espagnol et avait senti ce pressentiment lumineux d'une parenté, j'avais vu se recouper ses nombreuses traces , trajectoires , intuitions qui témoignent aussi de mon être profond , émerveillé de se sentir traversé par se sentier lumineux du silence à l'oeuvre au corps de l'oeuvre , silence qui dit la matière en ellipse , car pourquoi décrire la matière de ce qui est ( ) comme un roc qui ne se laisserait pas apercevoir même s'il hurle de présence au fil des jours à l'insu ,

la lecture m'avait donné cela qui s'était recoupé avec mes propres réflexions , s'était mélangé à d'autres lectures et visions ,
fabuleuse lanterne dans la nuit

prélude au corps environé de lumière qui se pressent et finallement, urgent dans sa pression à vivre trace le poid du vivant, érotique enflammement qui dévoile toujours plus de présence et zèbre de fissure que l'on croyait apercevoir,
sentir le désir la flamme du corps émerveillée

la langue étrangère dans son espace se révèle aux brumes ou l'être , l'homme, ce corps ombré se tient , la lumière des mots, inattendue éclaire,
l'évidence dans l'éclipse.

des mots chrétiens utilisés pour désigner un rapport à l'univers et non à Dieu, pas anti chrétiens mais sur un rapport différent , j'aime le commentaire " nous ne sommes pas un être pour nous mais vers le réel " et percevoir le monde n'est pas seulement sentir le monde mais être présent au monde ; que la lumière ne devrait pas être reçue comme une offrande mais qu'elle devait être partagée et d'abord reconnue

mais c'est la respiration de cette langue de peintre, de musicien, de magicien, de lumière qu'il faut laisser résonner, c'est comme cela qu'il faut le lire, dans le brut de la langue, ouverte, à la lumière des silences

rickie


rickie by the pacific ocean
rickie lee jones est une chanteuse californienne qui m'a toujours fait rêver, j'ai vibré à sa sensibilité triste et en même temps pleine de d'énergie , de poésie , car oui c'est une poète , entièrement tournée vers la création et la vie , la dans cette photo elle me fait encore plus rêver , avec en arrière plan l'océan pacifique qui lui me transporte carrément , je m'imagine sur cette plage de Monterey ou d'ailleurs car je phantasme , là , j'ai le droit non , main dans la main avec une rickie qui refairait le monde avec moi , in english , ce qui ne me pose pas problème même avec l'accent de l'ouest océanique , on prendrait une voiture , non pas une cadillac ni une ford mais une jeep des surplus de l'armée peint en jaune canari avec un papillon bleu peint sur le capot et on irait serpenter le long de la route qui mène sur les collines de Big Sur rendre visite à ma grande idole Charles Lloyd le grand saxophoniste de jazz qui est comme mon père spirituel , on se balladerait comme dans une grand ode méditation face à la nature , on se perdrait face à l'immensité et on se sentirait vivre , prêt à lacher tout ce que le coeur humain contient d'énorme , de grandiose , loin , très loin de la petitesse et en avant du défi tout de joie à l'extase , comme si ce n'était pas suffisant on irait rendre une petite visite à Henri Miller qui habitait Big Sur lui aussi du temps ou c'était une colonie d'artiste et de gens qui voulaient tout recommencer , il y en aurait encore surement , alors on irait leur rendre visite et on admirerait les toiles et les aquarelles de tous ces outcasts épris de liberté , on aurait une pensée pour les vagabonds de monterey de Steinbeck , et tout ça main dans la main d'une Rickie qui m'aimerait , ou au moins me trouverait pas trop chiant , soyons modeste , ouaaaaaaahhhhhhhh!!!!!!!!!!!
bain de minuit parmis les murènes et barracuda et on se prendrait pour des dauphins!

volver

oui c'est vrai j'ai vraiment pleuré devant cette émotion submergeante, ces corps de vie qui loin du mélo disent l'essentiel du sanglot, du rire de ces femmes qui poursuivent l'histoire s'enracinent dans un devenir endévoilant le flot d'émotion à la base de leur vie, tout ca dans un corps porté à bout de vie, ou alors l'absence, qui tue, comme un cancer, sans que le corps de la vie se perpétue, qui s'englue dans la disparition, à un niveau "symbolique" hors de l'anecdote, la mère revient et qui n'a jamais été morte, qui nous a manqué mais qui était inscrite dans nos corps pour que la vie se poursuive et s'invente même à oublier l'enfoui dans la poussière des jours, sans cesse opposer le corps tranchant pour se protéger du danger, de l'homme cet intru, de ce drôle de jeu qui veut tout fausser à se dresser, comme un couteau, à couper la vie et le temps, nécessiité vorace pour la femme pour le corps bandé, temps incessamment en perdition, désir toujours en éveil , danger ,
ce combat ressemble à nos vie et est un défi à notre blessure , comme si l'on hésitait entre ces deux poles , la disparition et la survie ,
l'émotion du passé ressurgi se réouvre dans les voix , les regards , les liens et les actes , bref tout est dit dans ce film au plus près de la reconnaissance de nos corps affirmés